Patrimoine urbain - réhabilitation des médinas

Le terme de Médina désigne la partie ancienne d’une ville maghrébine par opposition aux quartiers modernes de type européenne. Traditionnellement, une Médina s’est caractérisé par une grande mixité des activités humaines et portait à la fois une fonction résidentielle, économique, sociale et culturelle. Miroir de la société maghrébine et musulmane, chaque quartier de la Médina était réservé à un certain groupe social, qui partageait une infrastructure comprenant un four, un hammam, une école coranique et un marché. Le patrimoine architectural et culturel des Médinas constitue donc un témoin irremplaçable de l’histoire maghrébine, de ses arts et traditions. Aujourd’hui, la plupart des Médinas ont perdu leurs fonctions économiques et culturelles et donc leur tissu traditionnel. A cela s’ajoute le fait que les rues et édifices étroites et sombres des Médina demandent une gestion urbaine particulière, laquelle les municipalités ne sont souvent pas en mesure de fournir. Les quartiers historiques sont exposés à une dégradation de cadre de vie et, par conséquent, sa population se retrouve dans une spirale descendante de paupérisation. L’immense patrimoine culturel et architecturelle qui constitue une Médina est donc confronté à des processus de dégradation. Bien que les sociétés des pays maghrébins ont pris conscience de la nécessité de sauvegarder les Médinas, elles disposent de très peu de dispositifs institutionnels, juridiques et financiers qui permettraient une intervention de sauvegarde avec un impact durable.

Le Royaume du Maroc jouit d’un patrimoine historique remarquable comportant, entre autres, 31 anciennes médinas, dont 7 sont classées par l’UNESCO en tant que patrimoine mondial de l’humanité. Néanmoins, il n’existe pas un plan de sauvegarde qui puisse s’imposer légalement aux parties prenantes pour garantir la durabilité de la préservation de ces ressources culturelles. En conséquence, l’engagement des politiques pour la sauvegarde d’une Médina est souvent en fonction de son attrait pour les touristes.

Les Médinas de la Tunisie ont hérité d’un riche patrimoine architectural. Délaissés et parfois détruits, quelques-unes jouissent d’un regain d’intérêt depuis les années 80 du dernier siècle, souvent inscrit dans un discours de muséification et une logique de marchandisation du patrimoine. Mais comme au Maroc, un processus de paupérisation dans les anciens quartiers des Médinas entraîne souvent la dégradation du patrimoine architectural et constitue une menace imminente pour la salubrité de l’habitat. Ce développement est souvent le résultat d’un manque d’une approche concertée associant l’action publique et les initiatives privées, l’aménagement des espaces publics et l’amélioration de l’habitat.

En Algérie, le patrimoine des Médinas est confronté aux mêmes défis : La dégradation des tissus médiévaux dû à un manque d’entretien. Ce développement a des multiples raison, notamment l’urbanisation sauvage et la manque d’un cadre institutionnel qui peut garantir la sauvegarde du patrimoine culturelle.

Sources:
9. https://patmagh.hypotheses.org/292
10. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00588899/document
11. https://www.huffpostmaghreb.com/armin-darr-/seul-un-miracle-algerien-peut-sauver-la-casbah_b_19123828.html